Pouls du marché mai 2026
Les marchés grimpent en mai
Les marchés boursiers ont progressé en mai, soutenus par de bons bénéfices de sociétés et un engouement qui se poursuit pour le secteur technologique, notamment l’IA. En même temps, les risques géopolitiques ont refait surface, rappelant aux investisseurs que la volatilité est une caractéristique, et non une coïncidence, du contexte actuel.
Le marché boursier américain a fait fi des manchettes et a atteint de nouveaux sommets au cours du mois, porté par les titres technologiques et ceux du secteur des semi-conducteurs de sociétés à grande capitalisation. La croissance des bénéfices est restée solide, ce qui laisse penser que de nombreuses sociétés de premier plan pourraient être en mesure d’accroître leurs bénéfices à mesure que la situation économique revient à la normale.
Les meneurs du marché américain demeurent toutefois peu nombreux, un groupe relativement restreint de sociétés représentant une part disproportionnée des rendements de l’indice S&P 500. Les niveaux de valorisation ont augmenté depuis leur creux de mars, ce qui donne à penser que le marché pourrait être plus sensible aux surprises, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.
Les prix de l’énergie ont bondi au début du mois dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, avant de se stabiliser vers la fin du mois. Si l’inflation s’est calmée par rapport à ses récents sommets, des épisodes tels que le conflit dans cette région du monde montrent à quel point les événements géopolitiques peuvent rapidement raviver les risques et les inquiétudes liés à l’inflation.
La prudence des banques centrales
Les principales banques centrales mondiales continuent de prêcher la prudence en matière de politique monétaire, renforçant ainsi l’idée que les taux d’intérêt pourraient rester élevés plus longtemps que ne l’avaient initialement prévu de nombreux investisseurs. La Réserve fédérale américaine (Fed), par exemple, semble s’orienter vers une politique monétaire moins conciliante ces derniers mois.
Les marchés boursiers ont également été soutenus par les discussions concernant un éventuel accord entre les États-Unis et l’Iran, ce qui pourrait réduire les risques géopolitiques dans la région. Les pourparlers se poursuivent, et la conclusion d’un accord durable est loin d’être acquise, mais toute note d’optimisme concernant ce conflit tend à alléger la pression sur les prix du pétrole et à réduire la perception d’un risque de pressions inflationnistes persistantes.
En fin de compte, mai a repris un refrain bien connu : les marchés peuvent continuer à progresser même en période d’incertitude, mais les occasions de rendement se font de plus en plus rares. Conserver les placements, diversifier le portefeuille et rester concentré sur des objectifs à long terme reste la stratégie de gestion la plus efficace alors que les marchés évoluent dans un contexte marqué par une hausse potentielle des taux d’intérêt et une complexité géopolitique persistante.
Une récession au Canada?
La publication du PIB du Canada pour le premier trimestre, affichant un écart important par rapport aux prévisions et s’accompagnent de révisions à la baisse, devrait inciter la Banque du Canada (BdC) à adopter de nouveau une position conciliante. Le PIB a reculé de 0,1 % par rapport au trimestre précédent, alors qu’on s’attendait à une légère hausse de 1,5 %. Le résultat du quatrième trimestre 2025 a également été révisé à la baisse, passant de -0,6 % à -1,0 %.
Il s’agissait de la troisième baisse du PIB au cours des cinq derniers trimestres. La consommation des ménages et les stocks ont contribué positivement à la croissance, comme prévu, mais l’investissement n’a pas su rebondir. La faiblesse persistante du marché immobilier et la baisse des dépenses consacrées aux ouvrages de génie expliquent ces résultats décevants. Les investissements dans l’immobilier non résidentiel ainsi que dans les machines et équipements n’ont augmenté que de 0,5 %, ce qui concorde avec la très lente adaptation des sociétés canadiennes aux droits de douane américains.
Le commerce net a fortement pesé sur la croissance. Les importations ont augmenté, mais principalement en raison d’une hausse de la demande d’or. Entretemps, les droits de douane américains ont continué de nuire aux exportations de véhicules automobiles, mais cela a été partiellement compensé par la hausse des exportations de pétrole brut et de gaz naturel.
Les probabilités d’une hausse des taux de la BdC d’ici la fin de l’année 2026 ont diminué : au moment où nous écrivons ces lignes, le marché ne prévoit plus qu’une seule hausse complète, contre quatre il y a seulement deux semaines. Et à juste titre : face à une hausse potentielle de l’inflation sous-jacente due au conflit en Iran, la BdC a fait savoir en avril qu’elle était prête à relever ses taux si nécessaire pour contenir les répercussions sur l’inflation.
Alors que le détroit d’Ormuz reste très perturbé, le Canada semble se retrouver dans une position de départ désormais bien moins favorable en matière de croissance et d’inflation, ce qui limite la capacité des sociétés à répercuter la hausse des coûts de production sur les consommateurs, tout en laissant à la Banque du Canada une bonne marge de manœuvre pour évaluer si l’inflation redevient un problème.
Dans le contexte actuel, nous continuons de tabler sur une politique de taux inchangée cette année.
Même si deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB sont considérés comme une récession technique, nous estimons que le Canada est encore loin d’être en récession. Le premier trimestre n’a enregistré qu’un léger recul et semble refléter davantage le climat d’incertitude actuel lié aux risques commerciaux et géopolitiques qu’un affaiblissement structurel de l’économie.
À l’horizon : le Moyen-Orient et l’examen de l’ACEUM
À l’approche du mois de juin et au-delà, avec la période de publication des bénéfices dans le rétroviseur, les marchés se concentreront à nouveau sur l’actualité. On assistera probablement à un regain d’attention pour ce qui se déroule au Moyen-Orient et à l’attente d’une résolution plus stable et durable du conflit, qui reste un facteur déterminant pour les cours du pétrole et les attentes en matière d’inflation. Si les marchés reflètent en grande partie les événements récents, de nouvelles perturbations ou tensions pourraient peser sur la confiance des investisseurs, tandis qu’une issue favorable pourrait soutenir la lancée du marché.
Vers la fin du mois de juin, nous aurons également droit à des manchettes macroéconomiques liées au commerce, alors que le Canada, les États-Unis et le Mexique se préparent à l’examen sexennal de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), mais nous estimons toutefois qu’il s’agira probablement davantage d’une simple étape que d’un tournant pour le commerce nord-américain.
L’ACEUM prévoit un examen tous les six ans visant à évaluer le fonctionnement de l’accord. Les États-Unis conservent la possibilité légale de se retirer avec un préavis, et il faut donc s’attendre à un ton ferme, à des différends ciblés et, peut-être, à des ajustements mineurs ou à des accords parallèles. Même si les manchettes laissent entrevoir une montée des risques commerciaux, le scénario le plus probable est une prolongation de l’accord avec des ajustements limités et ciblés, plutôt qu’une refonte complète.
Ce processus d’examen pourrait être source d’incertitude à court terme pour de nombreuses entreprises qui doivent prendre des décisions d’investissement transfrontalières, notamment dans les secteurs de l’automobile, de la fabrication et de l’énergie. Cependant, l’intégration profonde des chaînes d’approvisionnement nord-américaines fait que toute perturbation d’importance aurait un coût économique élevé pour toutes les parties, ce qui a un effet stabilisateur.
Nous nous attendons à des épisodes périodiques de volatilité des marchés découlant des manchettes, en particulier si le discours entourant le commerce venait à s’intensifier, mais l’histoire montre que les marchés ont tendance à faire abstraction du « bruit » à court terme, à condition que la structure fondamentale à long terme reste intacte.
Rendements des indices au 31 mai 2026
Clôture | Mai (%) | Cumul annuel (%) | |
Indice composé S&P/TSX | 34 769,14 | 2,4 | 9,6 |
Indice Dow Jones des valeurs industrielles ($ US) | 51 032,46 | 2,8 | 6,2 |
Indice composite NASDAQ ($ US) | 26 972,62 | 8,4 | 16,1 |
Indice S&P 500 ($ US) | 7 580,06 | 5,1 | 10,7 |
Indice MSCI EAEO ($ CA) | 3 117,57 | 2,6 | 7,8 |
Source : Gestion de placements Manuvie, équipe Stratégie des marchés des capitaux, au 31 mai 2026
Aperçu du mois à venir
5 juin | Canada et États-Unis : données sur l’emploi pour mai |
10 juin | Décision de la Banque du Canada sur le taux directeur, IPC américain pour le mois de mai |
11 juin | Prix à la production aux États-Unis pour mai, permis de bâtir au Canada pour avril, décision de la BCE sur le taux directeur |
12 juin | Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (P) aux États-Unis pour juin |
15 juin | Mises en chantier au Canada en mai, Commerce de gros au Canada en avril |
17 juin | Décision sur le taux directeur aux États-Unis, ventes au détail pour mai aux États-Unis |
19 juin | Ventes au détail au Canada pour avril |
22 juin | IPC du Canada pour mai |
30 juin | PIB du Canada pour avril, confiance des consommateurs aux États-Unis pour juin |
Renseignements importants
L’indice composé S&P/TSX est l’indice de référence canadien qui suit les rendements des sociétés cotées à la Bourse de Toronto (TSX).
L’indice MSCI Europe, Australasie et Extrême-Orient (EAEO) suit le rendement des actions de sociétés à grande et à moyenne capitalisation cotées en bourse dans ces régions.
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