Pouls du marché août 2026
Actions : la résilience face à la hausse des taux en août
Les actions mondiales ont progressé en août, la vigueur des bénéfices des sociétés et la poursuite des investissements dans l’intelligence artificielle ayant pris le dessus sur les nouvelles inquiétudes liées à l’inflation et aux taux d’intérêt.
L’indice composé S&P/TSX a atteint des niveaux records au cours du mois, grâce à son exposition importante aux secteurs de la finance, de l’énergie et des matériaux. Les prix élevés du pétrole et de l’or ont profité aux producteurs de ressources naturelles, tandis que les solides bénéfices des banques ont soutenu les actions du secteur financier. Malgré les valorisations de plus en plus élevées des banques et l’intensification des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, les actions canadiennes ont généralement mieux résisté que celles de certains autres marchés mondiaux pendant les périodes de volatilité.
Les actions américaines ont connu une volatilité accrue, les rendements des obligations du Trésor à long terme ayant atteint leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs années. La croissance des bénéfices des sociétés du S&P 500 au deuxième trimestre a été parmi les plus fortes depuis 2021, soutenue par les dépenses continues en infrastructures d’intelligence artificielle (IA) et la résilience de la demande des consommateurs. Les investisseurs ont néanmoins réévalué les valorisations des sociétés technologiques à grande capitalisation et des entreprises liées à l’IA. La hausse des rendements obligataires a exercé une pression sur les secteurs axés sur la croissance au cours du mois, mais un plus grand nombre de titres ont participé à la progression du marché. Les indices à pondération égale ont généralement mieux résisté que les principaux indices de référence, ce qui laisse entendre que les gains du marché dépendent de moins en moins d’une poignée de titres à très grande capitalisation.
Les actions internationales ont continué d’afficher de solides résultats, renforçant les arguments en faveur de la diversification mondiale. Les marchés développés hors de l’Amérique du Nord ont bénéficié de l’amélioration des bénéfices et de valorisations attrayantes par rapport à celles des actions américaines.
L’évolution de la nature de la diversification constitue une tendance notable cette année. Les sociétés technologiques et les entreprises liées à l’IA influencent de plus en plus les indices des marchés émergents, tandis que l’Europe continue d’offrir une plus grande exposition aux secteurs de l’industrie et des services financiers ainsi qu’aux multinationales exportatrices. Les investisseurs qui diversifient leurs placements à l’échelle mondiale ont ainsi accès non seulement à différentes économies, mais aussi à différentes sources de croissance des bénéfices.
Les marchés obligataires sont demeurés au centre de l’attention des investisseurs en août. Les rendements des obligations du Trésor américain ont augmenté, ceux des titres à long terme atteignant des niveaux inégalés depuis de nombreuses années. Les marchés ont dû composer avec les craintes entourant la persistance de l’inflation, l’augmentation des émissions d’obligations gouvernementales et la possibilité que les taux directeurs doivent rester élevés plus longtemps.
Titres à revenu fixe : la hausse des rendements élargit l’éventail des occasions de placement
Si la hausse des rendements peut entraîner de la volatilité à court terme, elle a aussi élargi l’éventail des occasions qui s’offrent aux investisseurs en titres à revenu fixe. Des rendements initiaux plus élevés pourraient améliorer le potentiel de rendement futur et accroître les revenus attendus par rapport à ceux offerts pendant une grande partie de la dernière décennie (toutefois, les résultats varieront et ne sont pas garantis). Les obligations peuvent contribuer à diversifier davantage les portefeuilles des investisseurs et à leur procurer un revenu.
La Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux d’intérêt au cours du mois, conservant sa fourchette cible de 3,50 % à 3,75 %. Les responsables de la politique monétaire ont toutefois adopté un ton plus prudent. Plusieurs ont réitéré leurs préoccupations à l’égard de l’inflation et indiqué que de nouvelles hausses de taux ne pouvaient être exclues si les pressions sur les prix persistaient. À Jackson Hole, le président de la Réserve fédérale américaine, M. Warsh, a également souligné que l’inflation demeurait trop élevée — le taux d’inflation global mesuré par l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) s’établissait à 3,7 % — tout en qualifiant de solides la production économique et le marché du travail. Les marchés ont interprété ces propos comme le signal que les taux resteraient élevés plus longtemps, ce qui a contribué à la hausse des rendements des obligations du Trésor.
Taux directeurs canadiens inchangés
La Banque du Canada (BdC) a pris une décision largement conforme à nos attentes lors de sa réunion du 2 septembre. Elle a reconnu que la croissance s’était accélérée au deuxième trimestre de 2026 et que l’inflation avait évolué globalement conformément à ses hypothèses. Aucune modification du taux directeur n’était donc justifiée. Face aux dernières tensions commerciales avec les États-Unis, la Banque du Canada semble adopter une approche équilibrée, mettant en balance le frein potentiel à la croissance (au-delà des secteurs directement touchés) et l’effet inflationniste des droits de douane de rétorsion que le Canada s’apprête à imposer. Le conflit en Iran continue de représenter un risque d’inflation, mais la BdC estime toujours qu’il n’y a guère d’éléments indiquant que les perturbations des chaînes d’approvisionnement au Moyen-Orient se répercutent sur les prix des biens et des services en général.
Compte tenu de l’incertitude engendrée par les tensions commerciales avec les États-Unis et d’une situation encore loin de se stabiliser, de nouvelles mesures commerciales et non commerciales étant susceptibles d’être annoncées, nous ne pensons pas que la BdC dispose d’une visibilité suffisante pour établir des perspectives économiques fermes pour 2026. Notre scénario de base actuel prévoit donc que la BdC pourrait maintenir ses taux, bien que ses décisions de politique monétaire puissent varier selon l’évolution de la conjoncture
Cela dit, à supposer que les nouvelles restrictions commerciales restent limitées, la BdC pourrait progressivement reporter son attention sur la diminution des capacités excédentaires de l’économie et le raffermissement de la croissance à compter du milieu de 2027, selon l’évolution de la conjoncture. Dans ce scénario, nous nous attendrions à ce que la BdC relève ses taux à trois reprises, portant le taux directeur à 3,00 % d’ici mars 2028.
Dans l’ensemble, le mois d’août a confirmé un contexte de placement contrasté : les bénéfices et les dépenses en immobilisations ont continué de soutenir les actions, tandis que les rendements élevés, les écarts de taux serrés et la persistance de l’inflation plaidaient en faveur du maintien de la diversification et de la sélectivité.
C’est de saison
Un adage boursier mérite d’être rappelé à cette période de l’année : septembre est historiquement le mois le moins favorable aux actions. Depuis 1950, l’indice S&P 500 affiche un rendement médian négatif en septembre, ce qui en fait le seul mois de l’année dont le rendement médian à long terme est négatif. Le marché a également terminé septembre plus souvent dans le rouge que dans le vert. Cette tendance reflète une combinaison de facteurs saisonniers, notamment la baisse de la liquidité durant l’été, le repositionnement des portefeuilles après les vacances et une volatilité accrue lorsque les investisseurs portent de nouveau leur attention sur les perspectives économiques et les prévisions de bénéfices.
Cela dit, la saisonnalité est une tendance et non une prévision. Si les résultats historiques de septembre méritent d’être pris au sérieux, ils devraient servir de rappel plutôt que de motif pour abandonner une stratégie de placement rigoureuse. Des données fondamentales sous-jacentes solides et une dynamique de marché favorable peuvent souvent l’emporter sur les tendances saisonnières.

Sources : Bloomberg et Gestion de placements Manuvie, équipe Stratégie des marchés des capitaux, au 31 décembre 2025
À surveiller
Les investisseurs pourraient envisager de surveiller les thèmes suivants en septembre :
- La poursuite du conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix du pétrole et les marchés.
- Les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada, qui pourraient avoir des effets durables sur la santé des deux économies.
- Les données sur l’inflation, qui demeureront le principal facteur déterminant les attentes en matière de taux d’intérêt et les rendements obligataires.
- La situation du marché du travail au Canada et aux États-Unis, alors que les banques centrales évaluent si l’activité économique ralentit suffisamment pour atténuer les pressions inflationnistes.
- Les prévisions de bénéfices des sociétés et les tendances en matière d’investissements des entreprises, particulièrement dans les secteurs de la technologie et de l’IA, qui ont été les moteurs du rendement du marché.
- Les prix des matières premières, notamment ceux du pétrole et de l’or, pourraient influer à la fois sur le rendement des actions canadiennes et sur les attentes en matière d’inflation.
- La trajectoire économique de la Chine, puisque des signes de stabilisation ou un nouvel affaiblissement pourraient avoir des répercussions importantes sur la croissance mondiale et les marchés émergents.
- Les valorisations boursières et la volatilité saisonnière, car les forts gains enregistrés depuis le début de l’année rendent les marchés plus sensibles aux surprises économiques ou aux erreurs de politique économique.
En résumé : le contexte fondamental demeure favorable, mais septembre devrait mettre à l’épreuve la capacité de la croissance et des bénéfices à rester vigoureux malgré une politique monétaire restrictive et des pressions inflationnistes persistantes.
Aperçu du mois à venir
4 septembre | Canada et États-Unis : données sur l’emploi pour août |
11 septembre | États-Unis : indice des prix à la consommation (IPC) du mois d’août et indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan |
15 septembre | Canada : commerce de gros en juillet, ventes de logements par l’intermédiaire du SIA en août |
16 septembre | États-Unis : annonce de la Réserve fédérale sur les taux, ventes au détail du mois d’août; Canada : mises en chantier et permis de construction du mois d’août |
17 septembre | États-Unis : indice de la Réserve fédérale de Philadelphie de septembre, mises en chantier et permis de construction du mois d’août |
20 septembre | Canada : ventes au détail du mois de juillet; États-Unis : compte courant au deuxième trimestre, ventes de logements neufs du mois d’août |
29 septembre | Canada : PIB du mois de juillet; États-Unis : indice de confiance des consommateurs de septembre |
30 septembre | États-Unis : PIB au deuxième trimestre, rapport ADP sur l’emploi de septembre, indice des directeurs d’achats (PMI) de Chicago de septembre, revenus et dépenses des particuliers du mois d’août, stocks des grossistes du mois d’août |
Renseignements importants
L’indice S&P 500 suit le rendement de 500 des plus grandes sociétés cotées en bourse aux États-Unis.
L’indice composé S&P/TSX est l’indice de référence canadien qui suit les rendements des sociétés cotées à la Bourse de Toronto (TSX).
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